Le travail étudiant s’ouvre désormais à un public plus jeune. Depuis le 14 mai 2026, les jeunes de 15 ans encore soumis à l’obligation scolaire à temps plein peuvent légalement signer un contrat d’occupation d’étudiant et travailler durant les week-ends, les vacances ou en dehors des heures de cours. Cette ouverture, attendue depuis le début de l’année, n’est devenue concrète qu’avec la publication au Moniteur belge de l’arrêté royal qui précise la notion de « travaux légers » autorisés pour cette tranche d’âge.
Tour d’horizon des règles à connaître, que vous soyez parent, jeune travailleur ou employeur souhaitant recruter un étudiant.
Une réforme entrée en vigueur en deux temps
Sur le papier, le travail étudiant pour les jeunes de 15 ans soumis à l’obligation scolaire à plein temps existe depuis le 9 janvier 2026. Mais dans les faits, le dispositif est resté sans effet pendant plusieurs mois : la loi renvoyait à un arrêté royal qui devait encore définir ce que recouvrait précisément la notion de « travaux légers ». Ce texte a été adopté et publié au Moniteur belge le 4 mai 2026, ce qui rend le régime opérationnel depuis le 14 mai 2026.
Cette ouverture vise principalement les élèves de 1ère ou 2e secondaire, ainsi que les jeunes ayant pris un peu de retard scolaire. Auparavant, ils ne pouvaient pas conclure un contrat étudiant ; ils peuvent désormais découvrir le monde du travail dans un cadre balisé, à condition que l’activité ne porte pas atteinte à leurs études.
Quels jobs peut-on effectuer à 15 ans ?
L’arrêté royal délimite les activités autorisées. Elles doivent toutes être non industrielles, légères, ne pas nécessiter de formation spécifique et exclure tout usage d’équipements de travail mécaniques. Concrètement, sont notamment visés :
- l’aide à l’accueil et le service au vestiaire ;
- le réassort, l’étiquetage et l’emballage en magasin ;
- l’assistance à la vente dans le commerce de détail ou de proximité ;
- les activités logistiques légères : réception, stockage, pesage, conditionnement, étiquetage, préparation de commandes, gestion des stocks ou expédition ;
- la plonge, la mise en place ou le débarrassage dans un restaurant ou un café ;
- la cueillette ou le tri de récoltes dans l’agriculture et l’horticulture ;
- le soutien logistique lors d’événements ou de fêtes locales ;
- l’animation légère ou la surveillance dans une plaine de jeux ou un parc d’attractions ;
- des tâches de nettoyage légères : dépoussiérage, vaisselle, aspirateur ou serpillière dans de petits espaces, vidage des poubelles, nettoyage des vitres à hauteur des mains, entretien léger des sanitaires ;
- des activités organisationnelles légères dans le secteur des soins, telles que la distribution et le débarrassage des repas et des boissons.
Tout ce qui implique un risque pour la sécurité, la santé ou le développement du jeune reste interdit, de même que toute activité qui entraverait la scolarité ou la participation à un programme d’orientation ou de formation professionnelle.
Quels horaires de travail sont autorisés ?
Les jeunes de 15 ans relèvent intégralement du Livre X, titre 3, du Code du bien-être au travail (« les jeunes au travail »). Ce cadre fixe des limites strictes, plus protectrices que pour les étudiants majeurs.
Pendant les semaines où le jeune a cours, le travail est limité à 2 heures les jours de classe et 12 heures par semaine au total. Durant une période d’au moins une semaine complète sans école, typiquement les vacances scolaires, le plafond passe à 8 heures par jour et 40 heures par semaine. À noter qu’en toute hypothèse, la limite journalière générale ne peut excéder 8 heures, y compris pendant les congés scolaires.
À cela s’ajoutent les règles suivantes, qui constituent le cadre général applicable au travail étudiant des mineurs de 15 ans :
- pas de travail avant 6 h ni après 20 h ;
- pas de prestation le dimanche ni les jours fériés ;
- pas d’heures supplémentaires ;
- un repos de 14 heures minimum entre deux journées de travail ;
- une pause obligatoire dès que le temps de travail dépasse 4 h 30 d’affilée.
Des règles spécifiques peuvent exister dans certains secteurs ou situations, mais ce socle commun s’impose à tout employeur recourant à un jeune de 15 ans. Tout manquement constitue une infraction.
Les nouvelles obligations pour les employeurs
Engager un jeune de 15 ans n’est pas anodin : la politique de prévention de l’entreprise doit être adaptée. Cinq points d’attention prioritaires se dégagent.
D’abord, revoir l’analyse des risques fonction par fonction. Un poste adapté à un étudiant de 18 ans, comme le réassort de rayonnages, ne convient pas automatiquement à un jeune de 15 ans. Pour chaque fonction, il faut vérifier explicitement deux conditions : l’absence d’équipements mécaniques et l’absence de besoin en formation spécifique.
Ensuite, adapter l’accueil et les instructions. La procédure générale ne suffit pas : les mineurs scolarisés à temps plein ont besoin d’instructions claires, structurées et adaptées à leur âge, avec une attention particulière aux relations avec les clients, aux interactions avec les collègues adultes et à l’identification des risques.
Troisièmement, organiser une évaluation préalable de la santé. Pour tout travailleur de moins de 18 ans, l’employeur doit faire procéder à une évaluation de l’état de santé avant le début de l’occupation, en concertation avec le médecin du travail.
Quatrièmement, garantir un suivi structurel. Un collègue adulte doit toujours être présent et accessible pendant les prestations. Le travail isolé ou les horaires en soirée dans un petit établissement sont incompatibles avec ce groupe d’âge.
Enfin, vérifier le règlement de travail et les horaires. Combiner école, travail et repos exige un planning rigoureux. Un système qui contrôle automatiquement le respect des 14 heures de repos et de la limite de 20 h est vivement recommandé.

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